La parole, la scène, les autres.
Depuis plus de trente ans, je passe d’un plateau de télévision à une salle de répétition, d’une interview à une formation, d’un projet personnel à une aventure collective. Mon parcours n’a rien d’une ligne droite — et c’est précisément ce qui en fait la cohérence.
Partout, je cherche la même chose : comprendre ce qui se joue, faire circuler la parole et créer un espace où chacune et chacun peut trouver sa place, sans jugement. Avec de l’exigence, de la chaleur humaine et cette dose d’humour qui aide souvent à regarder le monde autrement.

Interroger le réel
Le journalisme m’a appris à écouter avant de parler, à chercher derrière les évidences et à poser les questions qui permettent de comprendre. Depuis mes débuts en 1994, de Canal 3 et TELETEXT à TeleBielingue, j’ai raconté les transformations de toute une région.
Le 15 mars 1999, j’ai présenté le premier téléjournal francophone de TeleBielingue. Pendant vingt-sept ans, j’y ai conduit des interviews et des débats, présenté l’actualité régionale et participé aux grands rendez-vous de la chaîne. J’y ai rencontré des milliers de personnes, des plus connues aux plus discrètes, avec la même curiosité et le même respect.
Cette expérience nourrit également mon travail d’animation de tables rondes, dans tous les domaines — politique, culture, économie, société, sport et bien d’autres — avec le souci de faire circuler la parole et de créer un échange vivant.
Cette pratique m’a aussi conduite à présenter en français et en italien EXPO.TV, magazine trilingue diffusé en 2002 sur les dix-huit télévisions privées suisses, à participer à 24 heures depuis Expo.02, émission de la TSR diffusée en direct sur TV5, à présider le Jury Vidéo du Swiss Press Award et à siéger durant trois ans au sein d’une commission d’experts de la section cinéma de l’Office fédéral de la culture.
Elle s’est également prolongée dans le podcast, notamment avec une série d’entretiens consacrés à la transformation énergétique pour Primeo Energie.
Accompagner sans formater
Former ne consiste pas, pour moi, à fabriquer un discours lisse ou une posture artificielle. Il s’agit de permettre à une personne de clarifier ce qu’elle veut dire, d’habiter sa parole et de rester elle-même, y compris sous pression.
Mon expérience des médias et de la communication, notamment au sein de la direction d’Eclipse SA, nourrit aujourd’hui mes activités de media training, de préparation aux questions difficiles et de prise de parole.
Ma collaboration avec l’agence Metacom à Aarau a également enrichi ma pratique de la communication de crise et de la gestion de conflits. La technique compte, mais elle ne remplace jamais la qualité de la relation humaine.
J’interviens auprès d’individus et d’équipes, en partant toujours de situations concrètes. L’objectif n’est pas de faire entrer tout le monde dans le même moule, mais de permettre à chacune et chacun de trouver une parole claire, juste et pleinement assumée.
La scène, l’écriture, la voix
La scène est entrée très tôt dans ma vie et ne l’a jamais quittée. Depuis 1992, j’y écris, j’y joue, j’y mets en scène et, surtout, j’y fais l’expérience du collectif.
Je prête également ma voix à des lectures publiques ainsi qu’à des enregistrements pour la radio et la télévision, prolongeant par le son ce travail de présence, de rythme et d’adresse.
De la Compagnie DEVA aux Électrons Libres, d’UTOPIK FAMILY à mes cours de théâtre, je travaille avec des artistes professionnels comme avec des personnes qui montent sur scène pour la première fois. Les parcours et les ambitions diffèrent, mais l’exigence d’écoute, de présence et de respect reste la même.
Plus de 1’000 personnes ont participé à mes cours. Toutes n’étaient pas destinées à devenir comédiennes ou comédiens. Mais chacune avait le droit d’essayer, de se tromper, de prendre sa place et d’être regardée sans jugement.
Créer les espaces qui manquent
Lorsque les espaces n’existent pas, j’aime contribuer à les créer. Mon engagement auprès du théâtre devenu BIOTOP depuis 1995, la fondation de la Compagnie DEVA, la naissance des Électrons Libres et la création d’INCUBO relèvent d’une même conviction : les artistes et les projets ont besoin de lieux où chercher, expérimenter, se rencontrer et grandir.
Cet engagement ne se limite pas à mes propres créations. Il consiste aussi à défendre celles des autres et à favoriser les collaborations qui permettent à de nouvelles formes d’exister.
Ce qui me guide
Je crois que l’exigence peut aller de pair avec la bienveillance. Que l’humour peut ouvrir des portes là où les discours se crispent. Que l’on peut être profondément sérieux sans toujours se prendre au sérieux. Et que chacune et chacun doit pouvoir trouver sa place, prendre la parole et être entendu sans être jugé.
C’est cette conviction qui relie mes interviews, mes formations, mes spectacles et les projets collectifs que je porte.
Un parcours toujours en mouvement
Ce parcours n’est pas derrière moi. Il nourrit chaque nouveau mandat, chaque rencontre et chaque projet à inventer.